• Rebecca

BD-Concert à Baud

Journal de bord – 16.12.2018

Ici Revecca [matricule Rb-C₂E₂]. Je fais partie de l’équipage « 18.56 » du vaisseau 357G. Suite à un souci avec notre boîte noire, je suis chargée de tenir personnellement notre journal de bord. Ça tombe bien que ce soit moi. Faut dire, les autres de l’équipage sont pas spécialement à l’aise avec la rédaction : le Capitaine Aalehx serait bien trop concis et je suis sûre qu’il ne contiendrait que des intitulés avec des tirets (il préfère dessiner ou faire de la musique plutôt que d’écrire…), Destange mettrait beaucoup trop de temps à bien choisir ses phrases et à se relire (on aurait vite du retard sur la tenue du journal…), quant à Mira Cétii (alias Or²), elle a déjà suffisamment à faire de son côté, à regarder les étoiles et observer les comètes. J’y reviendrai quant aux rôles de chacun au sein de cet équipage. En attendant, je reprends les commandes de notre Histoire à bord du 357G et de nos escales.

J’en profite d’activer l’imprimeur de Mémoire pendant notre long trajet pas très marrant qui doit nous reconduire en orbite autour de la Terre, après un voyage spécial vers les constellations des Bretanéides. Recrutés il y a un peu plus d’une année terrestre, ce n’est que notre deuxième mission à dire vrai. Le reste du temps nous vaquons à nos occupations ici et là, on fait d’autres jobs, travaillons parfois sur d’autres vaisseaux, et avons parfois quelques permissions.

C’est la première fois que nous devons parcourir une si longue distance dans le cadre d’une mission. C’est vrai qu’on pourrait déjà proposer nos services dans notre région, mais le Capitaine a quelques ressources ailleurs. On va donc là où on nous appelle. C’est assez puissant comme expérience. Se retrouver tous les quatre dans notre vaisseau à peine plus gros qu’un shuttle avec tout notre matériel, débarquer dans des contrées inconnues, embarquer dans un plus gros cargot pour faire du tourisme musical et spatial avec nos clients, et revenir à la base une fois la mission accomplie.








RAPPORT DE MISSION n°2 : Planète Breizh, région de Baud, Constellation des Bretanéïdes.


  • JOUR 1 :

Alors que Destange et Mira Cétii bossaient pour d’autres clients, je fus rejointe par le Capitaine pour préparer le voyage et quoi de plus important que le ravitaillement ? On s’est fait un arrêt dans un vaisseau de frette absolument hideux et cher, rempli de néons aveuglants et de parfums capiteux qui filaient la gerbe. Des touristes aisés y faisaient leurs courses, certains avec huit tentacules chargés de paquets cadeaux, Noël approchant. Je me demande encore comment les traditions religieuses ont réussi à perdurer aujourd’hui… Peut-être que ça donne un sens à l’existence des gens… Enfermés dans ce labyrinthe lumineux et suffoquant, nous avons tenté de trouver quelque nourriture adaptée sans cadavre. Dure épreuve. Faut dire, les végétaux recommencent à peine à se re-commercialiser, car l’humanité a trouvé comment nourrir à nouveau les sols en serre, et éviter les énormes hangars à bestiaux nourris aux antibios. Faudrait qu’on ait un labo dans notre QG pour faire pousser nos propres plantes, mais ça demande plus de place et une certaine logistique. Soulagés de retourner à la base, nous nous sommes mis à préparer nos sandwichs pour le lendemain. Du vert, du rouge, du jaune, avec des ingrédients disposés avec minutie, j’ai eu droit au Trophée du Sandwich. Les autres sont finalement arrivés à leur tour, et nous avons dans un premier temps récupéré la navette qu’on loue à un gros bonnet du coin. Sonntag c’est son nom. Il voyage partout, connaît tout le monde. C’est une crème et j’aime beaucoup traiter avec lui. Il nous a refilé ses papiers, bien réexpliqué toutes les options et indications importantes à connaître : « Alors là tu vois, c’est pas le régulateur de vitesse, c’est les lumières centrales. J’ai tout cleané hier, la bête a été révisée y’a quatre jours et je vous ai même mis une petite déco de Noël, ce petit pingouin lumineux. Si vous avez le moindre pépin, vous envoyez un message à ces gars-là, mais tout devrait bien se passer. Y’a juste un bruit bizarre à l’avant gauche du cockpit, mais rien de grave. » Merci Sonntag ! On en prendra soin. Avant d’aller rejoindre nos chambres, nous avons partagé un couscous amélioré (avec des ingrédients qui ressemblent au traditionnel, mais qui ne le sont pas ; cela donne juste l’illusion, le goût et les nutriments, ce qui est déjà pas mal). Or² a insisté pour faire une tisane Transit qui traînait dans le placard à herbes. Ça sentait le vieux foin. Mais redoutable : on a passé la nuit aux chiottes. Le QG central étant petit, les filles et les garçons ont fait chambre à part. De notre côté, la lumière fut vite éteinte, mais les gars se sont bien marrés avant de pouvoir s’endormir. Le début de la colonie de vacances ! Heu non, c’est pas vrai, on est là pour bosser. Hum.

  • JOUR 2 :

On a tous très peu dormi au final : la tisane, dormir ensemble alors qu’on n’a pas encore l’habitude, l’excitation du grand départ… peu importe la raison, on a tous très peu dormi. On a chargé la navette de tout notre matériel, rassemblé le ravitaillement pour la traversée et on a quitté les lieux à 9h précises, heure locale. Le Capitaine a d’abord pris les commandes, puis moi, puis Or², et enfin Destange. Trajet fluide bien qu’un peu long, quelques escales sur des navires de ravitaillement afin de nous dégourdir les jambes et changer de pilote, quelques rigolades aussi parce qu’il nous faut bien ça aussi. L’occasion d’en apprendre plus les uns sur les autres. Jusque-là on se voyait surtout pour les entraînements dans l’espace. Pas trop le temps de bavarder, sauf à la pause-café.

Et vers 18h30, heure terrienne, nous arrivons enfin sur BREIZH dans la région de Baud. Il fait nuit déjà, et froid. Peu d’habitants peuplent ce coin de la planète, mais ils ont mis le paquet sur les infrastructures. Notre contrat débute à la Médiathèque Le Quatro très moderne et qui paraît surdimensionnée pour le nombre d’habitants qu’elle couvre. Nos contacts Nathalie et Séverine nous accueillent avec un grand sourire. Nous déchargeons tout notre matériel avant de nous poser au cœur de la base où un autochtone est venu nous parler dans une langue étrange. Voyant que l’on ne le comprenait pas, il a tourné une molette sur sa montre et d’un air las nous a sorti agacé : « Ah je vois, faut que je parle dans la langue de l’envahisseur ! ». Ambiance… Heureusement pour nous, il n’était pas armé et ne semblait pas spécialement hostile à notre présence. Il a tracé sa route, nous laissant dubitatifs. On connaît peu l'histoire de BREIZH après tout... Qu'a donc fait l'Organisation Galactique de l'Humanité pour provoquer une telle haine sur cette planète ? Nous attendions tranquillement dans le hall central du Quatro, déambulant à travers une exposition sur la science-fiction dans tous les médias qui avait été montée. Peu de temps après, une conférence sur les sciences dans les films avait lieu avec les hologrammes de Roland Lehoucq, Astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et Jean-Sébastien Steyer, Paléontologue au CNRS, affecté au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. L’occasion pour nous de décrypter plusieurs films des années terrestres 1980 à 2015. Les intervenants étaient drôles et vulgarisaient avec aisance des concepts compliqués pour le commun des mortels. La fatigue commençait à poindre, cependant il nous restait encore de la route pour être escortés jusqu’à notre gîte : une maison pittoresque de Breizh (des maisons en pierres et des volets colorés). Tandis que je m’attelais à préparer à manger pour l’équipage (des pâtes au Pesto, un plat qu’on a l’habitude de faire sur le 357G), Or² s’occupait de nous faire un feu de cheminée (on a qu’un hologramme de feu de cheminée à la base, mais en vrai c’est encore mieux !), Destange quant à lui geekait sur son ordinateur dernier cri qu'il s'était payé grâce à ses heures supp'. Et le Capitaine ? Je ne m’en souviens plus. Mira Cétii – comme son nom l’indique - s’est empressée de nous faire un point sur les comètes aux alentours : « Y’en a une qui passe pas loin d’ici !!! Bon, c’est couvert ce soir c’est dommage… ». La tête dans les étoiles comme je vous disais. On a mangé, on a fait la vaisselle (en porcelaine), on s’est fait une tisane (qui sentait pas le foin ce coup-ci) et on est allé au lit à l’étage avec vue sur des arbres étranges plongés dans la nuit noire. Je croisais les doigts pour qu’on dorme bien ce soir…




  • JOUR 3 :

Même le Capitaine a mal dormi dans son petit lit duquel il dépassait. Le réveil a sonné peu avant 10h heure locale (ici le soleil se couche plus tard que chez nous). Le temps bien que couvert, a l’air moins froid qu’hier. Séverine nous avait préparé un panier de douceurs locales pour le petit déj’, et après une bonne douche bien chaude, nous avons pris la route en direction de la base du Quatro. La première étape consistait à tout installer pour accueillir le public avant son arrivée à 18h, heure locale. On avait donc de la marge. Sans difficulté nous avons positionné nos machines, effectué les branchements. Avant de nous soucier du son et de l’écran, une pause déjeuner s’imposait avec l’équipage de la base. C’était une belle occasion d’en apprendre plus sur les us et coutumes des habitants de cette planète et de voir qu’on galère tous, où qu’on habite dans la Galaxie…

Retour à la salle de décollage où nous peaufinions notre son. Pas évident quand on doit être partout à la fois. Depuis des mois on essaye de convaincre le Capitaine pour embaucher un gars en plus pour gérer le son en façade. Je crois qu’il est à deux doigts et demi de céder. Il voit bien à quel point ça nous demande plus de temps. Le Technicien de la salle est arrivé afin de nous aider à installer l’écran de projection dans lequel les Voyageurs suivront notre longue traversée en accéléré. Encore une fois pas évident de bien régler la machine, mais le Capitaine aidé de Destange a réussi à programmer l’écran de lancement. Tout semblait nickel. Plus qu’une heure avant le décollage. Direction nos quartiers privés pour nous changer. On s’est tapé une barre avec Or² avec nos combinaisons. Alors qu’on jouait les femmes fatales, les gars bombaient le torse avec un air sérieux. Je suis sûre que ça améliorera notre promotion auprès du grand public quand on diffusera les photos… Ou pas… On passe le temps et le trac comme on peut, vous savez !

Le compte à rebours diminuait drastiquement. Les Voyageurs pénétraient l’enceinte et s’installaient dans les sièges confortables, mettaient leur ceinture en nous attendant. Installés dans le réfectoire, nous attendions patiemment le signal des autorités pour entamer notre arrivée. Une fois que toutes les personnes ayant réservé étaient présentes, nous avons descendu les marches et entamé le décollage. 42 personnes ont ainsi parcouru ce voyage très spécial à travers l’Espace et le Quantique, Voyageurs de l’Espace-Temps, Omniscients, Témoins. Le temps d’une physio-heure. L’atterrissage fut parfait, pile à l’heure au moment où O a annoncé la fin du voyage. Curieux, le public a à son tour pris la parole pour poser des questions à l’équipage : nos motivations, comment nous nous sommes formés à faire ce métier. Après cela, nous sommes allés dans le sas de décompression pour dédicacer les albums souvenirs. Faut bien que les gens puissent repartir avec un souvenir audio et visuel de leur voyage, les photos étant interdites pendant la Traversée. Mission n°2 accomplie pour l’équipage 18.56 ! Avant de fêter ça, il nous a fallu remettre en ordre la base, rangé tout notre matériel. Une heure plus tard, nous retournions au gîte avec nos plateau-repas emballés sous vide. Ayant bien travaillé, nous méritions un bon retour dans le passé en nous matant en V.O. le film « Qui veut la peau de Roger Rabbit » qui est une prouesse technique au niveau animation et jeu d’acteurs qui nous a beaucoup influencés, surtout le Capitaine. Tombant de fatigue, nous n’avons pas tenté un 2nd film. Chacun est retourné dans ses quartiers, le boss ayant changé de lit ce coup-ci pour éviter une nouvelle courte nuit. Cette nuit-là allait être meilleure que les précédentes,même pour le Capitaine qui a fait du rab !




Merci à toi habitant de BREIZH pour ce chaleureux commentaire !

  • JOUR 4 :

Ah les départs, c’est toujours difficile. On s’attache aux lieux et aux gens, on aimerait rester plus longtemps, faire plus de tourisme. Après avoir rangé ce lieu si paisible et accueillant, nous laissions un petit mot pour Séverine. Comme il nous était impossible de récupérer notre matériel avant 14h15 heure locale, nous avons décidé de nous engloutir LA spécialité locale de Breizh : les galettes au sarrasin. Avouez qu’il aurait été triste de faire un passage sur leur belle planète sans (re)goûter à ce met délicieux (les synthétiques de chez nous n’ont absolument rien à voir !). Pas évident de trouver une crêperie ouverte un dimanche. Mais nous y sommes parvenus, nous remplissant la panse (autant en profiter, car une fois le retour à la base, ça va pas être la même !).

La suite est simple : retour au Quatro pour charger notre navette et dire au revoir à Nathalie, et re-décollage en direction de la base. Destange en a profité pour initier Or² aux Kaamelott (une série terrienne des temps anciens, plutôt drôle quand on a de l’humour) et nous a partagé les cultissimes épisodes de François Pérusse des Star Trek du Peuple. Le retour fut plus difficile qu’à l’aller, des tempêtes solaires chargés de poussières brouillaient notre visibilité nous contraignant à réduire notre vitesse. D’autre part, étant partis plus tard, la fatigue est venue nous titiller plus tôt. Il nous fallait déposer en premier lieu le Capitaine de l’autre côté de la base, dans l’aile Nancy (ça c’est pour qu’on lui fiche la paix pendant qu’il créé), et Mira Cétii dans son cocon végétal à 25 minutes de nos quartiers (Vous n’imaginez pas à quel point le 357G est immense). Et une fois arrivés dans notre aile, Destange et moi-même avons déchargé la navette avant de nous affaler dans nos lits. Demain chacun enchaîne avec d’autres missions pour d’autres clients. On va tenter de se voir IRL avant les fêtes pour discuter boulot et engager de l’équipage supplémentaire pour multiplier les missions et être encore plus efficaces. En attendant, je suis sûre qu’on va débriefer sur notre serveur sur Discord.


C’était Revecca [matricule Rb-C₂E₂]. Fin de transmission.


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© 2015 par Rebecca Noël 

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